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La désinformation propagée par @hugoclement, grâce à @FranceTV est subtile... Elle n'est est pas moins ravageuse. J'ai regardé ce soir son émission "Sur le Front", sur @france5 : un modèle de manipulation "par omission". Du grand art, je dois dire. On décrypte ? C'est parti. 🧵


L'émission débute sur un chiffre choc : en 2015, le gouvernement (et Ségolène Royal) promettaient de baisser de 50% l'usage des pesticides. 10 ans plus tard, où en est-on ? SCANDALE ! 🤬 Les tonnages ont à peine baissé !


Evidemment, comme l'imposture des tonnages a été largement débunkée (on met de plus grandes quantités de molécules peu toxiques), cela ne suffit plus à faire peur. On rajoute donc une couche de malinformation : Les substences CMR suspectées représente toujours 16% de ce total. SCANDALE, encore. 🤬 D'autant plus que...


Pour arriver à ce piètre résultat, on a pompé 200 millions d'euros d'argent public. Franchement... "Ça fait beaucoup d'argent pour pas grand-chose", dit Hugo Clément. La thèse est posée : les agriculteurs pompent une tonne d'argent public pour ne rien faire (les salauds.) Premier commentaire complotiste, de Stéphane Le Foll : "c'est parce qu'on se heurte à un tas de gens qui ne veulent rien faire." AKA L'agro-business. SAUF QUE...


Ce que NE VOUS DIT PAS Hugo Clément, c'est que les ventes de substances CMR1, dont le caractère cancérogène, mutagène et reprotoxique est avéré, se sont littéralement effondrées. Elles sont passées de 5 000 tonnes en 2009 à 47 tonnes en 2021... Et en 2023, dernières année de données disponibles, le gouvernement ne les compte tout simplement plus : elles ont totalement disparu.



Restent donc les CMR 2, seulement "suspectées", dont parle @hugoclement , en gonflant d'ailleurs les chiffres : leurs ventes ne sont pas de 16 tonnes (j'ignore d'où sort ce chiffre), mais de... 10 300 tonnes en 2023. Et là, surprise... De combien ont baissé les ventes de substances classées CMR depuis dix ans ? Je vous le donne en mille : - 42%...


Dans le même temps, les ventes de substances de biocontrôle se sont envolées, quand les autres baissaient elles aussi. En clair : l'objectif n'est pas loin d'être atteint, les 200 millions d'euros, une somme faible, ont été largement utiles : ils ont permi un effondrement des substences les plus préoccupantes, SANS EFFONDREMENT des rendements - ce qui, pour qui se préoccupe de manger trois fois par jour, à son importance.


Après cette première fake news, voyons la suite. On passe sur cette affirmation : "La France est le plus gros utilisateur de pesticides, de toute l'Europe", dit @hugoclement. C'est faux : par hectare de culture, la France arrive bien derrière la Belgique, l'Iralie, l'Irlande, les Pays-Bas, le Portugal... Et même l'Autriche. Pourquoi ce mensonge ? Demandez à @FranceTV , je ne sais pas.


La suite : "Les premières victimes des produits toxiques, ce sont les agriculteurs" (témoignage, mais c'est faux : les agriculteurs ont moins de cancers que la poluation général, document la cohorte Agricant)) "et les riverains" (témoiugnage, mais c'est faux : aucun impact documenté à ce jour.) Hugo Clément ne se préoccupe pas de source, il affirme. Et la suite vaut son pesant de "Points Fake News"...

"Nous avons essayé de chercher tous les captages d'eau potable fermés à cause des pesticides. Nous en avons trouvé par nous-mêmes plus de 200. Le chiffre officiel complet n'existe pas", dit @hugoclement sur une munisuqe angoissante. What the fuck ?!? Encore une fois, l'absence de toute contextualisation rend l'information tendancieuse...

La France compte encore environ 37 800 captages actifs en 2025. => Le chiffre de « plus de 200 captages fermés à cause des pesticides » concerne des dépassements du seuil réglementaire (ou des coûts de traitement devenus prohibitifs pour y revenir), pas des dépassements de seuils toxicologiques. Utiliser ce chiffre seul pour évoquer une « énorme pollution » ou un risque sanitaire massif exagère ou inquiète inutilement. => Selon le bilan national 2023 de la DGS, 0,0018 % de la population française (soit environ 1 200 personnes) a été concernée par une non-conformité de niveau 2 (NC2), c’est-à-dire à un dépassement des valeurs TOXICOLOGIQUES entraînant une restriction d’usage pour la boisson et la préparation des aliments. Cela a concerné 7 unités de distribution, dans 4 départements (principalement Aisne, Oise, Aude et Yonne).


La suite, écrite d'avance, demande : "Peut-on produire sans pesticides ? (...) Sans mettre en danger ?" Tayault, @hugoclement va voir un agriculteur "qui aime la rentabilité." Et il nous explique qu'une mauvaise herbe - le ray-grass - aujourd'hui, résiste aux pesticides. 😱 (musique angoissante). Et ça, c'est positivement génial, voyez-vous...


Parce que la cause de cette résistance est bien documentée : elle résulte principalement de l’usage répété et intensif des mêmes modes d’action => La diminution des molécules disponibles (due aux retraits pour raisons environnementales, comme le S-métolachlore en 2024) AGGRAVE la situation, en limitant les possibilités de rotation d'herbicides. Il reste si peu de molécules qu'on utilise toujours les mêmes... Et des résistances se développent. (Source : Arvalis, Inrae, et autres instituts techniques.)

Evidemment, @hugoclement ne le sait pas, et ne va pas vous le dire. Pour lui, les molécules ont cet effet parce qu'elles sont diaboliques, c'est tout. On fait le tour du mystère du ray-grass, sans JAMAIS informer sur ce qu'on sait. "D'où vient ce ray-grass" ? "Quelle est cette diablerie ?" Et là... On se déplace en Allemagne pour comprendre que le ray-grass est devenu "résistant aux pesticides." Ben oui, on le sait... Bref. La science, qu'est-ce qu'on s'en fout, hein ? Poursuivons.

Et voilà qu'arrive... le glyphosate, l'obsession des militants (et de @hugoclement , qui n'a toujours pas lu la moindre étude sur la question.) Séquence caméra cachée, notre Tintin a trouvé un escroc qui en vent sous le manteau aux particuliers. (Au passage, on fait croire au télespectateur que les agriculteurs s'en procurent aussi en masse illégalement, ce qui n'est pas le cas. L'idée ici, c'est d'insinuer...)


Le glyphosate est-il toujours aussi efficace contre le ray-grass ? Le "scoop" n'en est pas un : la résistance du ray-grass au glyphosate en France est connue et documentée depuis plusieurs années. Mais l'idée, c'est de dire : "On est partis pour aller droit dans le mur, par ce que la chimie ne fonctionnera plus à cause des résistances." Le message de propagande est passé : il faut se passer de chimie. Du grand art, on vous dit...

On nous montre une technique d'agriculture de précision, très prometteuse (avec une jolie musique de flûtiau) - sans évidemment nous parler du coût de cette machine autonome, le Cyclair (il ne donne pas le nom).


Je le connais bien, je suis aussi allée le voir. C'est génial. Son coût => autour de 200 000 euros. Vous conviendrez que ce n'est pas rien (et à quoi bon vous le dire ? Y'a ka, faut k'on !) Le sous-texte ("connards d'agriculteurs qui n'adoptez pas les solutions pourtant connues") change un peu de nature, quand on comprend le contexte. Non ? Bon. Poursuivons.

On arrive maintenant chez deux néo-ruraux, qui sont venus ici "pour respirer le bon air de la campagne", et épient leur voisin agriculteur pour noter ses épandages. Il y en a "beaucoup." Et puis "ça les inquiète parce qu'on sait que les pesticides rendent malades." (retour de la musique angoissante.)


Et ce salaud de voisin, "qui a refusé de recevoir @hugoclement", n'a même pas erradiqué ses pucerons cendrés !!! PS: normal, l'acétamipride a été interdit. C'était, selon l'Inrae et l'Anses, la seule solution efficace. NON, nous dit @hugoclément, il a trouvé une agricultrice qui n'en a pas. "Les fruits sont un peu plus petit..." On ne connaîtra pas le rendement.