Heureusement, l'histoire nous rappelle que l'Europe, contrairement à ce que semble penser Mme Hassan, n'a pas été la seule force agissante de l'histoire mondiale.
Les Africains ont pratiqué entre eux l'esclavage pendant des millénaires. L'Empire ottoman a réduit en esclavage plus d'un million d'Européens. L'expansion mongole aurait décimé, estiment les historiens, environ 10% de la population mondiale (excusez du peu !). Les Aztèques sacrifiaient rituellement leurs prisonniers...
L'histoire nous enseigne avec une constance déprimante que dès qu'un groupe humain acquiert un avantage technologique, militaire ou organisationnel sur un autre, la tentation de l'exploiter brutalement se manifeste. Peu importe la couleur de peau, la religion ou la géographie... La nature humaine est parfois bien laide. Cette laideur, comme sa beauté, sont universelles...
Quelle vision "flatteuse", au fond, de cette supposée supériorité européenne dans le mal... Et cette obsession de ramener tout à "eux", comme si Bruxelles était responsable des millions de victimes de l'impérialisme japonais, des communismes soviétique ou chinois... Pol Pot - contrairement à ce qui se murmure dans d'improbables cercles complotistes - n'était pas un agent de Paris.
Cette grille de lecture, finalement, est un racisme inversé, déguisé en antiracisme.
Mme Hassan dénie aux autres peuples leur propre capacité d'action, leurs propres turpitudes, leur propre complexité historique.
C'est, paradoxalement, la vision la plus coloniale qui soit : celle qui refuse aux "autres" le statut d'acteurs à part entière de l'histoire.
Bref, du pur européocentrisme.
View Tweet
